Préoccupé par l’ampleur grandissante du phénomène de la traite des personnes, notre pays partage les instruments juridiques internationaux et régionaux, dont notamment :
1 la Convention n°29 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT),
2 la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme,
3 la Convention n°105 de l’OIT,
4 la Convention n°138 de l’OIT relative à l’âge minimum d’admission à l’emploi,
5 la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples,
6 la Convention n°182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants,…
Toutes ces différentes conventions sont sensées protéger l’humanité des pratiques d’esclavage, de travail forcé, de traite, de l’utilisation des enfants à des fins de prostitution ou à des fins pornographiques ainsi que les divers formes de travail dangereux ou effectué dans des conditions d’exploitation.
En les ratifiant, notre pays reconnaît que l’enfant victime de traite a besoin de mesures spéciales de protection pour son développement, son bien être et son épanouissement, d’où son engagement à œuvrer en vue de l’éradication de la traite notamment des femmes et des enfants.
Le phénomène du travail et exploitation des enfants est réel et se manifeste sous plusieurs formes socioéconomiques :
La Région du Centre Nord n’en est pas épargnée ; elle comprend trois provinces : le Bam, le Sanmatenga et le Namentenga. La région dispose de beaucoup de sites aurifères, artisanalement exploités. Beaucoup d’enfants y sont envoyés par leurs propres parents, grands frères ou cousins ; ces enfants travaillent dans ces sites et sont témoins ou victimes de plusieurs scènes poussant à la consommation de drogues, d’alcool et autres excitants. Même hors des sites ne laissent pas leurs habitudes de prise de drogues et excitants, ce qui entraîne d’autres camarades dans ces mauvais comportements.
Que ce soit avec les forces de l’ordre ou des agents des services sociaux que nous avons rencontré à Kongoussi, Kaya et Boulsa, le phénomène de la traite des enfants et de l’exploitation sexuelle des enfants existe et est entrain de prendre de l’ampleur au Centre Nord et au Burkina en général.
Dans les 3 provinces de la région du Centre Nord, on ne manque pas de voir des mineurs (enfants de moins de 18 ans) employés dans les bars et autres débits de boisson. Ces filles sont exposées à toutes les formes d’exploitation sexuelles. Des élèves sont souvent victimes de menaces et de viols. Les populations n’étant pas conscientisées sur ce problème ne savent quoi faire, et pires dans le contexte actuel de la décentralisation.
OBJECTIF GLOBAL DU PROJET
Contribuer à éradiquer le phénomène de la traite et des pires formes de travail des enfants
OBJECTIFS SPECIFIQUES
RESULTATS ATTENDUS
STRATEGIES DE MISE EN ŒUVRE
Le présent projet d’envergure régionale sera exécuté par l’Association d’Aide et de Protection des groupes Vulnérables du Centre Nord (APV/CN) en collaboration avec les partenaires techniques et financiers. Il consistera à sensibiliser les populations, les décideurs politiques et administratifs, les différentes couches socioprofessionnelles de la région du centre nord sur les droits humains en général et particulièrement des femmes et des enfants, architectes de notre pays. Les activités de sensibilisation impliqueront les populations de base à travers les associations et autres structures locales pour une mobilisation contre les comportements dégradants de l’homme.
LES ACTIVITES DE SENSIBILISATION
→ Par le plaidoyer : Une équipe de plaidoyer sera mise en place et composée d’enfants pour effectuer rencontre, contacts directs avec des leaders tels que : les chefs coutumiers, religieux et autres leaders d’opinion pour la promotion de leurs droits.
→ Par le théâtre forum : Par expérience, les populations des zones rurales sont plus émotives par les messages diffusés en théâtres forum, en ce sens qu’elles participent aux débats sur des sujets de société.
→ Par des causeries éducatives : qui vont consister à se rendre dans les centres sites du projet auprès des populations pour des échanges sur les contours du phénomène.
→ Par des jeux concours grand public : De nos jours, la meilleure approche est les jeux grand public qui consistent à donner la parole aux populations d’une localité sur un sujet. Cette activité consiste donc à réaliser des jeux publics dans les centres ciblés, accessibles à la population. Les jeux permettent de mesurer les niveaux d’expression et de connaissances des populations sur le sujet à débat. Les jeux seront enregistrés et mis sur supports (CD audio et vidéo) pour exploitation par d’autres canaux de communication ; en effet dans chacune des trois provinces de la Région du Centre nord il existe au moins une radio qui participe à la formation et à l’information des populations.
→ Renforcements de capacités : Dans l’optique de contribuer à la responsabilisation des autorités communales sur les questions essentielles et primordiales de nos droits et devoirs envers autrui, il apparaît normal de mettre en place des structures d’enfants, de les outiller et leurs parents en connaissances sur les droits des enfants.