Un des conjurés se suicide




La tentative de coup d'Etat qui vient d'être étouffée dans l'œuf, connaît de nouveaux développements. C'est ce qu'a révélé à la presse, le commissaire du gouvernement, Abdoulaye Barry, lors d'une rencontre, le 9 octobre dans la matinée.

La principale information livrée au cours de ce point de presse, tenait au fait que l'un des conjurés, le sergent Moussa Kaboré s'est suicidé dans sa chambre de détention, le 8 octobre 2003. Il s'est servi d'un tissu provenant de son pantalon treillis (tous les détenus ont été autorisés à porter leurs tenues militaires) pour accomplir son acte. C'est aux environs de 21 heures que les gendarmes chargés de garder les détenus ont constaté que la chambre d'un des conjurés n'était pas éclairée. Ayant frappé vainement à sa porte, ils ont à l'aide d'une torche, découvert par les persiennes, le corps du sergent dans une position anormale. Les constatations d'usage effectuées par la suite par le commissaire du gouvernement qui avait été alerté, ont permis de se rendre compte du décès de Moussa Kaboré par suite de strangulation. Le corps du sergent a été déposé à la morgue de l'hôpital Yalgado.

La liste s'est allongée

Sidwaya


Les premières déclarations du sergent avaient déjà été recueillies et l'autopsie est prévue pour le 9 octobre. Par ailleurs dans le cadre de l'enquête, beaucoup d'autres militaires auraient déjà été arrêtés aussi bien à Bobo-Dioulasso, qu'à Ouahigouya, Kaya et Ouagadougou.

D'autre part, le lieutenant Pascal Minoungou qui selon certaines sources, aurait dénoncé le complot, a été lui aussi arrêté. C'est en raison de son "attitude équivoque" qu'il a été arrêté, dira le procureur général. En effet, après son audition, le lieutenant Minoungou, qui rentrait à la maison, a brusquement agressé des jeunes sur une motocyclette et les a délestés de leur moyen de locomotion. Puis il s'est dirigé vers l'ambassade des Etats-Unis où il a tenté de se refugier, en violant cet espace diplomatique. Les vigiles l'en empêcheront et c'est au seuil de l'ambassade qu'il sera appréhendé. Une attitude qui fait de lui un suspect sérieux dans le cadre de cette affaire.

Pour en venir au complot lui-même, le commissaire du gouvernement a déclaré qu'une déclaration (déclaration n°10) signée "Les militaires du peuple" a été saisie, de même qu'un agenda contenant force détails sur le "coup". Un agenda qui contient les noms des conjurés civils comme militaires. Des correspondances attestent aussi de la véracité du coup d'Etat. D'autre part, il ressort que le capitaine Ouali Luther Diapagri, cerveau présumé du "coup" a visité deux pays voisins (le Togo et la Côte d'Ivoire) où il est rentré en contact avec d'éminentes personnalités. Pour en revenir au suicide de Moussa Kaboré, le commissaire du gouvernement a indiqué que des "dispositions" ont été prises pour éviter un autre cas malheureux. Un complot appelé donc à connaître de nouveaux développements car, il existe des "pistes" conduisant à de hauts gradés de l'armée. Enfin, signalons que le sergent Moussa Kaboré était en poste au commandement des écoles alors que le lieutenant Minoungou, était lui, en service à Pô.

Appolinaire OUELGO