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Pfizer, probo koala, test anti sida, OGM…

Ces derniers mois, de nombreux scandales médicaux et environnementaux ont éclaté en Afrique. Tous mettant en évidence, le peu de respect accordé à l’Afrique par les multinationales du nord, avec la complicité de certains dirigeants peu vertueux, sur le continent. Malheureusement, ce sont les populations du sud qui récoltent toujours les pots cassés.

Nigeria, Cameroun, Côte d’Ivoire, Burkina Faso…Des pays qui sont devenus par la force des choses, le symbole du mépris de bon nombre d’ entreprises occidentales vis-à-vis de l’Afrique et des africains. Un manque de considération qui a pris des proportions inquiétantes, au vu de l’actualité nationale et internationale. Dans les deux premiers cas, c’est la mise en circulation de médicaments d’origine douteuse qui est à l’origine du scandale, car ayant trait à une expérimentation hasardeuse de produits médicamenteux, l’un étant censé traiter la méningite et l’autre le Sida. Dans le second cas, il s’est agit du déversement de quantités importantes de déchets toxiques par un de ces navires poubelles qui errent de côte en côte, à la recherche d’une terra icognita ou jeter l’ancre, et dont les médias sont désormais coutumiers. Une chose est certaine : à tous les niveaux, les populations civiles sont celles là mêmes qui ont payé un lourd tribut, dans ce qui s’apparente ni plus ni moins qu’à du terrorisme médical et /ou environnemental. Sans égard pour les citoyens africains auxquels l’on fait souvent miroiter la perspective d’un profit immédiat, l’on a transformé leurs différents pays en laboratoires d’expérimentation, pour produits pourris. Avec, comme on pouvait s’en douter, la complicité de cadres nationaux avides de gains faciles : des individus à la morale fluctuante, capables de vendre au plus disant, l’avenir de leurs concitoyens pour quelques broutilles.

Au Nigeria, l’affaire Pfizer a révélé par exemple, l’existence de documents « officiels » autorisant la firme en question, a tester ses « poisons » en toute « légalité. » De même, l’on a de la peine à imaginer dans le scandale du probo koala(du nom du bateau pollueur en Côte d’Ivoire) que des complicités en haut lieu de l’administration publique n’aient pas été à l’origine de la manœuvre. Bien au contraire, des informations concordantes font état de sommes importantes versées en pots de vins à des officiels, en échange de leur accord pour l’accomplissement de la sale besogne. L’interrogation qui vient alors est celle de savoir comment des ivoiriens, des nigérians des camerounais… peuvent-ils en arriver à agir ainsi, contre leur propre pays, et en toute connaissance de cause ? Car il s’agit dans bien des cas, de hauts fonctionnaires , à la réputation toute faite, et dont le back ground autant que le pedigree sont rarement sujets à polémique. C’est pourtant ce chemins là, celui de l’homicide volontaire, de l’assassinat prémédité qu’ils ont décidé d’emprunter. Or, la portée et la gravité de l’acte posé est tel qu’il y a peu de chances, voire aucune, qu’il reste dans l’oubli.

Assurément « le problème de l’Afrique ce sont les Africains. » Il est difficile de s’imaginer en effet, que ce qui est proscrit ailleurs, trouve ici la voie de l’anoblissement. Les uns ont-ils besoin de faire leur vidange, qu’ils se tournent vers l’Afrique avec un sans gêne déconcertant. Les autres veulent-ils tester un nouveau produit dont personne n’est pourtant certain de la fiabilité que la cible est toute trouvée. Ils sont aidés en cela, par un arsenal juridique et des frontières dont la porosité se passe de tout commentaire. Ce qui favorise à coup sûr, toute sorte d’indélicatesses. Au nom de l’aide alimentaire ou humanitaire, des meutes entières de pseudo spécialistes débarquent sur les aéroports d’Afrique avec armes et bagages. Avant d’ entreprendre en toute impunité, une expérimentation douteuse et honteuse. Force est donc de constater que la mondialisation à l’africaine a un goût très amer.

Laboratoire à ciel ouvert

Les 400 prostituées recrutées en 2004 à Douala au Cameroun comme cobayes par l’ONG américaine Family Health International (FHI) au nom de la fondation de Bill Gates en vue de tester un prétendu vaccin contre le Sida sauront -elles un jour, à quel prix réel elles ont été vendues ? Le fait est pourtant là. Quelques semaines seulement après les dits essais, le ministre camerounais de la santé décidait de leur interruption. Un contrôle à posteriori ayant épinglé « des manquements et des disfonctionnements » d’une gravité telle qu’il devenait encore plus irresponsable de nier la réalité du scandale. Mais, comme il fallait bien s’en douter, l’exemple camerounais n’est pas le seul. De nombreux pays sont concernés par ses expérimentations dont le caractère raciste est plus que manifeste.

Les jeunes filles camerounaises dont on dit qu’elles ont donné leur consentement « éclairé » n’ont pourtant pas reçu toutes les garanties nécessaires. Les témoignages de quelques unes d’entre elles ont prouvé qu’elles ont flouées. Ce qui n’a pas empêché la réalisation des essais cliniques. Leur forfait accompli, les entreprises concernées ont revendiqué la main sur le cœur, la légalité de leurs agissements. La suite de ce marchandage scandaleux, on la connaît : l’Etat concerné este en justice au nom de ses citoyens, puis se fait payer des royalties dont il s’empresse d’empocher la plus grande part, pour ne reverser au finish que des miettes aux victimes. Ce fut le cas en Côte d’Ivoire, où l’Etat après avoir encaissé un chèque de 100 milliards de francs a décide unilatéralement de n’octroyer qu’ une centaine de millions aux malades ou à leurs parents. La messe est dite. Chacun peut désormais vaquer tranquillement à ses occupations, en attendant la prochaine pollution ou le prochain scandale. A présent, l’on comprend mieux la réticence de certaines populations du nord du Nigeria a accepter l’organisation de campagnes de vaccination dans leur région. Faut-il leur en vouloir après toute cette vague de scandales a répétition ? On aurait tort de leur jeter la pierre.

La part des OGM

Au Burkina Faso, c’est le gouvernement lui-même, qui, en toute responsabilité, a pris la décision d’ouvrir ses frontières aux organismes génétiquement modifiés, et à leur culture, sans tenir compte du principe de précaution exigible en la matière. Bien au contraire, le débat a semé la division au sein des élites : entre d’une part, ceux des spécialistes qui militent fermement en faveur de l’observation de la prudence comme ligne de conduite, et ceux là qui pensent que le pays est suffisamment prêt pour se jeter dans les bras des firmes productrices des organismes génétiquement modifiés. Dès lors, Mosanto et compagnies n’avaient plus qu’à se frotter les mains et à prendre possession des lieux. Le gentleman agreement signé avec les autorités burkinabè apparaissant à leurs yeux, comme la preuve supplémentaire que le « tout sauf OGM » n’est pas pour demain.

L’avis des populations dans tout cela ? Introuvable. Du reste, la question a tourné à la passe d’armes entre un généticien célèbre, le Professeur Didier Zongo, ardent défenseur du principe de précaution, et le ministre Salif Diallo en charge de l’agriculture de hydraulique et des ressources halieutiques au Burkina Faso. Le premier a même menacé de porter l’ affaire devant les tribunaux. Ce à quoi le ministre, juriste de formation(ce qui ne fait pas forcément de lui un néophyte) et réputé très proche du Président burkinabè, a répondu avec son punch habituel, qu’il s’agissait d’ « inepties. » Balayant du même coup, et d’un cinglant revers de la main, l’ensemble des critiques et objections formulées par une partie de la société civile. Cet épisode a eu pour avantage, de prouver si besoin en était encore, le rôle déterminant joué par le politique, dans la survenue de nombreux drames sanitaires en Afrique. Et c’est là toute la problématique de ces différentes crises: Celle de l’existence ou non d’un vrai leadership, capable de faire les bons choix en matière de gouvernance publique et qui tienne compte de l’intérêt général.

B K