Du haut de la tribune de la Salle de Conférences (officielles) du Sommet Mondial sur la Société de l’Information qui se tient actuellement en Tunisie, le Président Sénégalais Abdoulaye Wade a abordé deux questions qui divisent les uns et les autres à ce sommet et qui font craindre l’échec de la rencontre mondiale de Tunis. Ces deux questions sont : celle du financement de la société de l’information et celle de la gouvernance de l’Internet.


Abdoulaye Wade a rappelé la proposition que les Chefs d’Etat d’Afrique lui avait demandé de présenter, celle relative au financement de la société de l’information à traver un « Fonds de la Solidarité Numérique ». Pour le président sénégalais Abdoulaye Wade, ce fonds servirait essentiellement à doter les pays du sud des « personals computers » – PC et d’accéder à Internet. Il est donc question à l’en croire, de trouver les moyens, au nord et au sud pour encourager l’acquisition des matériels qu’il faut pour permettre aux gens du sud de se brancher.

Abdoulaye Wade a indiqué que ce fonds permettrait de bouster de manière très sérieuse les industries occidentales étant donné qu’il n’en a pas encore en Afrique qui produisent les technologies de l’information et de la communication, notamment les ordinateurs et autres accessoires. Abdoulaye Wade s’est refusé à toute forme d’aide en cette matière, privilégiant ce qu’il a appelé « la coopération et la solidarité numérique internationale ». Monsieur Wade a également revelé que la mise en oeuvre du fonds de solidarité numérique est confronté actuellement à l’opposition des organisations mondiales financières multilatérales. Sans trop s’étendre sur cette opposition. Pour M. Wade, le financement que les Etats reçoivent actuellement, quelles que soient leurs formes, ne permettent que des actions sectaires alors que le fonds de solidarité numérique aura un impact direct à tous les domaines de la vie. Abdoulaye Wade a également invité les Etats et les organisations non gouvernementales à investir massivement dans les technologies de l’information et de la communication pour atteindre, selon lui, les contributions du Sud à l’innovation technologique nécessaire.

Au sujet de la gouvernance d’Internet, Abdoulaye Wade a signalé que jusque ce mercredi (16 novembre 2005), aucun consensus n’était pas encore trouvé sur la définition de la gouvernance d’internet. Toutefois, il a annoncé que des progrès était accomplis ici à Tunis sur cette question. « Je ne crois pas à un Internet démocratisé. Ce serait cautionner le désordre » a-t-il indiqué en contradiction de son homologue Zimbabwéen, Robert Mugabe qui a plaidé pour un Internet démocratisé. Le débat reste ouvert ici à Tunis sur cette question.



Par Dieudonné NKISHI