Tous contre le Sida : comment sauver l’école de la pandémie

En vue de livrer une bataille sans merci contre les IST/VIH/Sida, trois pays, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont opté pour l’intégration systématique de l’éducation préventive à l’école. Pour sauver l’humanité il faut extirper la jeunesse de la pandémie.

En frappant les parents, le Vih/Sida les appauvrit. Ils ne peuvent plus assumer les coûts directs et indirects de l’éducation. En conséquence, les filles sont retirées de l’école pour aider aux travaux ménagers et les garçons pour travailler et subvenir aux dépenses quotidiennes de la famille. Mais davantage encore, l’épidémie porte atteinte à la qualité de l’enseignement et à la progression des élèves dans le système éducatif.

L’absentéisme des maîtres, la réduction du temps consacré aux leçons et les bouleversements des horaires retentissent sur ce que les élèves peuvent apprendre. La formation des maîtres, elle aussi peut pâtir.

L’épidémie porte atteinte aux ressources matérielles et humaine du système éducatif et compromet la qualité de l’éducation. Elle constitue en effet une menace dramatique pour les objectifs de l’éducation pour tous et l’un des problèmes majeurs de développement.


L’épidémie du Sida est un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité à cause de sa rapide propagation et la gravité de son impact. Aucune pandémie, parmi toutes celles qui ont décimé l’humanité comme la peste et la lèpre, n’a été aussi mortelle et stigmatisante que celle de notre siècle : le Sida.


Selon le président du groupe thématique ONUSIDA-Mali Pablo Recalde, «depuis les premiers cas diagnostiqués en 1981 la pandémie s’est féminisée et atteint les couches les plus pauvres et les plus jeunes de la population. Au niveau mondial les chiffres sont alarmants : 57 % des personnes infectées sont des femmes et chaque jour 600 jeunes de 15 à 24 ans sont infectés par le virus, menaçant ainsi les efforts de développement accomplis par les gouvernements».

Le Sida est sans nul doute, aujourd’hui, la menace la plus sérieuse qui pèse sur l’humanité. Selon l’Organisation mondiale de la santé 40 millions de personnes vivent actuellement avec le Vih. Chaque année il y a 5 millions de nouveaux cas et plus de 3 millions de décès. Dans ce tableau lugubre, l’Afrique est de loin le continent le plus touché et particulièrement la région subsaharienne qui compte 26 millions de personnes vivant avec le Vih et plus de 3 millions de nouveaux cas annuels. Cette région connaît plus de 2,3 millions de décès annuels soit plus de 76 % du nombre de décès au niveau mondial.

«L’histoire nous a appris qu’une combinaison appropriée des efforts de lutte, de leadership et d’action peuvent venir à bout de tous les fléaux», a souligné Recalde. A cet effet, toutes les agences du système des Nations-Unies sont parties prenantes en matières d’éducation formelle et informelle et de prise en compte des aspects socioculturels de la lutte contre le Sida.

Une initiative sous-régionale de l’Unesco, qui s’inscrit également dans le cadre d’un programme conjoint du système des Nations-Unies, est de s’engager à faire de l’éducation préventive Vih/Sida, l’une des principales priorités. Ainsi, un projet intitulé «Pratiques d’enseignement en classe et la pandémie du Vih/Sida a été mis en oeuvre au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Il est destiné à appuyer la promotion de l’enseignement de modules sur le Vih/Sida dans l’éducation formelle et non formelle.


Ce projet vise le renforcement des capacités des ministères en charge de l’Education des pays bénéficiaires par la disponibilité de matériels didactiques (programmes, modules et guides), de ressources humaines compétentes et de ressources matérielles et financières adéquates pour l’institutionnalisation de l’éducation préventive sur les IST/VIH/Sida et les compétences de vie dans tous les milieux d’apprentissage.

Ce projet de l’Unesco arrive dans un contexte où les ministères en charge de l’éducation du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont eu très peu d’activités systématiques d’éducation préventive en classe, malgré la décision politique officielle de mettre en oeuvre un tel programme dans le milieu scolaire. Les discussions pour la concrétisation de cette décision sont encore au stade élémentaire de sa mise en oeuvre, même si dans les trois pays, il existe des initiatives publiques (ministérielles) et privés (ONG) qui mènent des activités d’éducation préventive à l’endroit des enseignants et des élèves comme c’est le cas de la GTZ au Mali et au Niger.

Tous les ministères ont émis le souhait de voir la réalisation d’activités concrètes pouvant induire un réel impact sur le système éducatif. Pour des raisons d’efficacité, il a été retenu de s’intéresser tout d’abord au système éducatif formel. Une fois des résultats probants obtenus, le transfert vers le non formel sera envisagé.

Après la conception et la validation des modules dans chaque pays ainsi que la formation des formateurs, un séminaire sous-régional d’échanges et de définition des normes et standard a eu lieu à Bamako du 8 au 10 février 2005. Cette rencontre a débattu des préoccupations liées à la mise en oeuvre de programme d’éducation préventive sur les IST/VIH/Sida à l’école, de la planification à la supervision en passant par les pratiques d’enseignement en classe.

Prévention, simple mais pas facile
Il s’agit d’une réunion autour de l’éducation et de l’un des plus grands défis auxquels est confrontée l’humanité : gagner la guerre contre le VIH/Sida. Selon le coordinateur du Bureau multi-pays de l’Unesco à Bamako, Vincent Seck «il est désormais admis que l’éducation est l’une des armes les plus puissantes pour lutter contre l’épidémie, depuis la prévention jusqu’aux soins, en passant par le soutien aux personnes infectées et affectées par la maladie.

L’éducation préventive constitue l’action clé pour prévenir toutes les formes de transmission du Vih». Il cite le Directeur général de l’Unesco, Koïchiro Matsura : «paradoxalement, cette épidémie dévastatrice est causée par un virus non particulièrement contagieux et dont la transmission peut être prévenue par de simples mesures qui sont devenus très difficiles à mettre en oeuvre à cause de l’ignorance et du fait que le comportement humain est inextricablement imbriqué dans des attitudes sociales et des pratiques culturelles néfastes».

Les causes de la situation dramatique sont essentiellement structurelles, a déclaré le président du Haut Conseil de Lutte contre le Sida, Malick Sène. Il a cité entre autres, la pauvreté, l’ignorance, le manque d’éducation, le manque d’accès à une bonne information, des décisions et choix politiques inappropriés, des pratiques et cultures qui ont certainement été des réponses appropriées à des époques données de notre histoire, mais qui ne le sont plus aujourd’hui. Pour Malick Sène, la réponse se profile dans le préambule de l’Unesco : «les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix».

Autrement dit, c’est dans nos esprits qu’il faudrait élever les défenses contre le Sida. Exactement, l’objet de l’»Education préventive sur les IST/VIH Sida à l’école» dont le projet «Pratiques d’enseignement en classe et la pandémie du VIH/Sida» est porteur. D’où la place déterminante des actions ciblant les jeunes.


Boukary Daou








Journées touristiques et culturelles de Kayes-Médine : plus de 800 touristes à l’assaut du village de Médine

La capitale de la commune rurale du Dembaya plus connue sous le nom de Médine sera à l’honneur les 18, 19 et 20 février prochain.
En effet, durant ces trois jours les populations de ce village mythique et historique tenteront de faire découvrir à au moins 1000 festivaliers tous les vestiges touristiques et culturels qui font la renommée de ce site touristique.

Faut-il rappeler que dans ce village se trouve un fort qui a toujours été considéré comme le symbole de la domination coloniale. Ce fort communément appelé fort de Médine est un impressionnant ouvrage militaire couvrant plus d’un hectare qui a été construit en 1855 par Faidherbe, un officier de l’armée française. C’est ce fort qui a été le premier dispositif militaire dans la conquête du Soudan français.

Sa position stratégique sur le Sénégal permettait non seulement de surveiller la région déjà soumise entre Bakel (au Sénégal) et la ville de Médine, mais pour la conquête des vastes territoires compris entre les bassins du Sénégal et du Niger.
Deux ans après la construction de ce fort plus précisément le 20 avril 1957, El Hadj Oumar Tall mit le siège devant Médine jusqu’au 18 juillet 1857, quand Faidherbe débarqua avec ses troupes pour sauver la ville.

Médine devint alors le siège de l’administration coloniale. Là s’arrête la grande épopée de Médine car depuis lors, il est tombé dans un oubli total.
Les premières autorités politiques du Mali indépendant, en nationalistes convaincus, ont longtemps méprisé ce fort parce que considéré comme symbole de la domination coloniale. Il a fallu attendre le 1er décembre
1992 pour que le fort de Médine soit classé patrimoine mondial.

Mais force est de reconnaître que depuis lors nos autorités n’ont jamais pu faire de ce village un haut lieu de tourisme à l’image de l’île de Gorée au Sénégal. Aujourd’hui, avec l’organisation de ces 1 ères journées culturelles et touristiques, Médine sort enfin de l’ombre. Pour une fois, il sera organisé à Médine trois journées culturelles et touristiques qui regrouperont des artistes et artisans locaux traditionnels issus de la région de Kayes (peulhs, Soninkés, Maures, Bamanans, Wolofs et Khassonkés).

Une dizaine environ de groupes musicaux seront à l’affiche. Il sera en outre organisé une exposition vente des artisans ainsi qu’une course de pirogues ; la tenue d’un symposium sur des thèmes : «patrimoine, tourisme et environnement» ; «le phénomène de l’émigration dans la région de Kayes».
Il sera enfin proposé aux festivaliers des randonnées sur le fleuve et sur les sites de Gouina et du Felou.


L’organisation d’une telle activité aiderait à renforcer l’esprit de solidarité, de fraternité et d’entente entre les peuples des pays riverains du fleuve Sénégal. Médine 2005 pourrait donc être un symbole dans la valorisation des efforts de développement et à l’instar d’autres espaces touristiques et culturels du genre, la conquête positive de la nature va contribuer à établir un équilibre entre l’homme et son milieu et permettre à la région de Kayes d’ouvrir une fenêtre sur le monde.

A travers l’organisation de ces 1ères journées culturelles et touristiques de Kayes Médine, le ministère de l’artisanat et du tourisme et le ministère de la culture du Mali ainsi que l’agence oasis oriental club dirigée par madame Alice Gueguen et le maire de Médine visent certains objectifs à savoir : valoriser les sites touristiques ; valoriser le patrimoine ; sauvegarder l’écosystème ; faire de la région de Kayes une destination touristique, faire de Médine un lieu de dialogue et d’échanges inter culturels ; lutter contre la pauvreté et enfin développer le savoir faire local.


Birama Fall